Les origines :

Chiron (Centaure) et Achille

Le Centaure, figure mythologique mi-homme mi-cheval, symbolise traditionnellement la réunion du Cavalier avec son Cheval, illustration courante en dressage.

La « Théorie du Centaure » fut le sujet de mémoire rédigé par le vétérinaire ostéopathe Patrick CHENE en 2004. Elle se base sur l’homologie gestuelle entre le cavalier et le cheval, appelée ISOPRAXIE.

En effet, le cavalier comme sa monture contractent et relâchent les mêmes groupes musculaires en même temps, à l’origine de chaines musculaires intercorporelles pouvant être le lit de dysfonctions ostéopathiques (on parle de chaine dysfonctionnelle du cavalier vers le cheval et réciproquement).

Quelque soit le niveau/la discipline pratiquée, de l’amateur de loisirs à la recherche de performances sportives, tout cavalier recherche cette entente primordiale, cette symbiose avec sa monture. C’est principalement par son corps, sa posture et son assiette que le cavalier communique avec le cheval.

Le mémoire de Marion CAILLOUX (consoeur ostéopathe) concernant des cavaliers professionnels a montré que le traitement ostéopathique mécanique du cavalier permet de modifier sa posture sur du court terme. Elle conclue que la posture du cheval pourrait influencer celle du cavalier.

Une autre consoeur, Emilie FAUVEL nous montre « l’utilité de traiter les 2 moitiés du Centaure pour traiter un patient cavalier« . Elle conclue son mémoire sur la possibilité que la transmission des dysfonctions se fait surtout dans le sens cavalier/cheval : « Toucher un cavalier équivaut à toucher son cheval ».

D’où l’intérêt des Séances Centaure, où la prise en charge du couple cavalier/cheval se fait par le même thérapeute lors d’une même séance.

L’évolution :

Terme initialement réservé au lien cavalier-cheval, je découvre au fil de mes années de pratique qu’il implique plus largement la relation homme-animal (chat, chien, Nac) : le Centaure2.0 est né. 

Cette symbiose Homme-Animal repose sur un lien affectif particulièrement fort et réciproque entre 2 êtres, dépassant la simple relation de domestication/animal de compagnie : certains individus parmi les animaux exprimait leur désir d’un contact plus franc, d’un rapport plus subtil avec leur gardien qui dépasse le cadre habituel de domestication (sécurité affective, alimentaire, etc).

On retrouve cette représentation dans les Concepts d’animal-miroir, animal-partenaire d’évolution en développement personnel (tel que l’utilise la médiation animale et l’équicoaching, et l’effet « révélateur » que l’animal produit chez l’Homme).

Cet état fusionnel entre les deux protagonistes est particulièrement connu des cavaliers passionnés lorsqu’ils ne font plus qu’un avec leur monture (instants de grâce ?), l’équivalent d’un couple de danseurs ou de patineurs sur glace bien ajustés pour les non-cavaliers.

C’est en effet le fruit d’une écoute mutuelle, d’une communication claire et de la synchronisation des mouvements de l’un avec l’autre donnant lieu à un déplacement fluide et harmonieux pour une pratique équestre raffinée.

Or de ce lien non-exclusif par nature, des troubles peuvent apparaitre tels que des symptômes d’hyper-attachement lorsque l’état de fusion est délétère, des interprétations anthropomorphiques inadaptées ou encore des transferts avec somatisation (généralement de l’animal, voir « l’animal miroir de l’homme » d’Olivier Grandrie pour plus de détails).

La dynamique d’Ostéopathe Centaure via les Consultations Duos et les Ateliers destinés aux cavaliers prennent en compte ce lien entre l’animal et son gardien. Ils sont tous deux baptisés « Centaure » de par leur désir de (ré)union : l’animal tend vers l’humain, cherche à s’en faire comprendre. Il est souvent un compagnon avisé (animal-partenaire) pour celles et ceux qui sont sur une voie de développement personnel, et cherche fréquemment à délivrer un message qui dépasse ses propres besoins. Le gardien, qu’il soit dans un processus d’évolution personnelle ou non, aspire à décrypter d’avantage ce que lui exprime son compagnon, à prendre en considération ses besoins/attentes par l’observation de son comportement ou à travers la communication animale par exemple.

Il s’agit de clarifier la relation (ce qui « appartient » à l’un et pas à l’autre), transmettre le message de l’animal à son gardien lorsque cela est nécessaire, de démêler les intrications présentent entre les 2 individus, ou encore de pacifier les dissensions/incompréhensions entre eux.

L’effet « transfert » et la somatisation d’un enfant vis-à-vis de l’un de ses parents est connu des thérapeutes : Il vit d’une manière assez similaire ce système d’attachement aux figures parentales lors de sa maturation psychique (voir les travaux de Claude Béata, vétérinaire comportementaliste et auteur du livre « au risque d’aimer » au sujet de l’attachement). L’ostéopathe y est particulièrement vigilant dans le cadre des consultations en ostéopathie pédiatrique.

Il est fréquent que le praticien propose un RDV au parent s’il discerne une problématique de ce type, tout comme les consultations/bilans « Maman-Bébé » sont encouragés en cabinet.

Sans anthropomorphisme déplacé (les besoins propres aux animaux différant de ceux des humains), les Consultations Duo Gardien-Animal suivent la même logique du duo Parent/Enfant cité précédemment. Elles permettent d’aborder l’état de santé physique et psychique (par une approche thérapeutique de type holistique, c’est-à-dire considérant le patient ET son environnement) de manière individuelle (une consultation de l’humain, une autre de l’animal lors d’un même rendez-vous) afin que chacun retrouve son identité et sa pleine vitalité notamment dans le cas de transferts, pour que ce lien dit « de cœur » reste sain et équilibré.

Ces consultations se déroulent à domicile (régions Rhône-Alpes et Paca depuis la Savoie) ou au cabinet de La Motte-Servolex (73) pour les petits animaux et leurs gardiens. Elles sont détaillées dans cet article.

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